La Frustration

La Frustration

Avez-vous déjà ressenti cette désagréable sensation qui vous met le corps sous tension, vous saisit les tripes, vous insuffle l’envie de crier, cette irrésistible envie d’exploser ? La frustration est bien souvent à l’origine de ces tensions internes.

Que l’on ne parvienne pas à atteindre nos objectifs, que l’on ne contrôle pas ce qui nous arrive ou encore que rien ne se déroule comme dans nos attentes, la frustration pointe le bout de son nez et nous voilà comme un volcan ! On fume de nervosité, on est irrité, on sent que ça monte et la moindre petite étincelle nous fait sortir de toute sérénité !

Je me suis repenchée sur ce sujet. Il y a quelques semaines, j’ai répondu à un commentaire (article Stop aux émotions négatives?? ) et je trouvais cette émotion particulièrement bizarre ! La frustration pour moi se rattachait à la colère, mais en lisant (notamment le partage social des émotions), et en détaillant ce qui se passait en moi quand je ressentais de la frustration, à la colère s’ajoutent la tristesse et le dégoût !

Frutration : mélange de colère, de tristesse et de dégoût

Bizarre non ? Elle ne pouvait pas juste être la frustration puis basta ? Ah ah ! Bah non ! 😉

Pour moi, il y a fort lointain, la frustration était davantage liée à la colère comme je le disais, car il y a un sentiment d’injustice, un besoin de réajustement voire de changement qui semble nécessaire. La colère s’exprime généralement contre ce qui nous parait comme étant responsable de la frustration : responsable de ce qui fait obstacle à la satisfaction ! Généralement face à un objet, à une personne, à une situation : un élément extérieur !

La tristesse qui se rajoute c’est parce que subitement on a un sentiment d’impuissance face à ce que l’on vit. C’est un sentiment négatif induit par une situation extérieure (donc qu’on ne contrôle pas) qui nous empêche d’atteindre un but que l’on s’est préalablement fixé et qui nous renvoie à notre humanité simple et ordinaire : l’impuissance ! Pas de supers pouvoirs, pas d’accomplissement, ce qui est non seulement triste mais décevant !

D’où le dégoût qui se joint aux festivités ! Alors cette émotion-ci nous signale une insatisfaction considérable. Le dégoût est une alarme pour éviter que notre intégrité physique, psychique ou bien morale soit atteinte. Dans la frustration, c’est notre moral qui en prend pour son grade ! On n’arrive pas nos fins, donc on se « dégoûte » de ne pas être à la hauteur, on a donc une baisse de l’image de nous et on doute de nos capacités à affronter cette épreuve donc le moral va de mèche et diminue automatiquement !

Conséquences de la frustration

  • Le stress : Suite à la frustration, notamment à l’expression du dégoût, on a un doute qui est émis sur nos capacités, consciemment ou non. « Suis-je capable d’y arriver ? » « Ai-je les capacités nécessaires ? ». De quoi faire un régal pour le stress, qui se repaitre des comportements et des pensées émettant ce genre de doutes sur notre personne.
  • Le manque de confiance en soi : la confiance en soi, basée sur nos capacités est forcément une conséquence à ne pas négliger. Si on ne s’en croit pas capable, si on ne croit pas en soi, en ses forces et talents, on a une diminution de la confiance en soi.
  • Le doute : j’y reviendrai certainement dans un prochain article, le doute est investigateur de pensées négatives, de baisse de l’estime de soi, d’une mauvaise image de soi. Quand on doute sur soi-même, on n’a plus confiance en l’avenir, en ce dont on rêve, en ce dont on croit. Ce qui obligatoirement fait naitre l’angoisse de l’avenir et de nos projets.
  • Baisse de l’estime de soi : tout est lié bien sûr ! L’estime de soi fleurit et s’entretient avec délicatesse et attention. Elle faiblit quand on se sent « nul », « incapable », « mauvais », qu’on n’a pas confiance en soi, qu’on a une mauvaise image de soi, quand on n’arrive plus à entrevoir le positif dans nos actions, etc… Elle est la plus grosse conséquence des émotions négatives.
La frustration_ 3 clés_gestion des émotions_exploration bien-être
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Besoin ou désir ?

La première question à se poser quand on se sent frustré(e), c’est :  ai-je besoin de ce dont je désire ?

Dans notre société actuelle où l’hyperconsommation est palpable à tous les coins de rue, c’est légitime et essentiel de démarrer par-là !!!

  • Le besoin répond à un manque vital, un élément qui a une influence sur notre bien-être physique, psychique et moral, une envie qui va nous permettre d’atteindre un état d’équilibre. On a besoin de manger, de dormir, de travailler pour vivre, de partir en vacances pour se ressourcer, etc…
  • Le désir en revanche, n’est ni vital ni essentiel. Il symbolise quelque chose que l’on veut mais dont on peut largement se passer ! Avoir un nouveau téléphone par exemple, des nouveaux vêtements alors qu’on a la garde-robe pleine à craquer, un nouveau sac à main pour aller avec nos nouvelles chaussures, une tablette de chocolat pour grignoter devant Netflix, le dernier jeu pour geeker le week-end, etc… On en a tant mieux, on n’en a pas, on ne risque rien dans notre intégrité physique ou spirituelle ! Même si c’est toujours sympa d’avoir un nouveau sac à main !! 😉

La distinction entre ces 2 notions quand on ressent de la frustration permet dans 50% des cas, de relativiser et d’estomper le ressenti !

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Contrôle ou Carpe Diem ?

La seconde question à aborder est : suis-je dans le contrôle ?

Certain de nos comportements traduisent irrémédiablement un besoin de contrôle ! On décide de ce qui va se passer, on contrôle l’heure, le repas, les vacances, le cours du temps et (presque) la météo ! 😊

Le contrôle est une source quasi inépuisable de frustration ! Avez-vous déjà programmé toute une journée, du lever au coucher en passant par les repas/ activités/ sorties etc… sans qu’il n’y ait de contretemps, d’aléas ou d’imprévus ? Ah! Impossible pas vrai ? Eh bien oui, j’ai envie de dire c’est la vie !! On ne peut pas arrêter la pluie si on avait prévu un pique-nique ! On ne peut pas orchestrer tout un repas sans avoir le risque que la marmite accroche ! On ne peut pas jouer au Monopoly en famille sans qu’il y ai un ou une qui soit hyper-mauvaise perdante (moi par exemple ! hi hi hi ! 😊) ! On ne peut pas tout contrôler !

Déjà parce que c’est super épuisant, être dans la maitrise est générateur de fatigue, de maux de tête, d’angoisse avec boule au ventre, mains moites etc… Ensuite, c’est une illusion que de croire qu’on peut contrôler les autres ! Ils ont eux aussi leur histoire, émotions, blessures, envies, pensées etc… Et enfin, c’est tellement plus sympa de laisser la place à l’improvisation, au feeling, à la surprise ! D’accueillir le présent et les événements comme ils se présentent, de vivre des expériences différentes ! C’est un peu ce que carpe diem signifie : « Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain » et que j’interprète comme « accueille le présent comme il vient » !

Article conseiller :  Vivre le moment présent

Défi et reconnaissance ?

La troisième question à se poser est : As-tu quelque chose à prouver au point de prendre tes désirs pour un défi à relever ?

Plutôt intéressante cette question je trouve ! (C’est moi qui l’ai posé ! lol 😉), quand on se lance ou qu’on relève un défi, derrière ce mot défi il y a un enjeu ! La question qui est induite alors est : suis-je capable de le relever ? Ce qui met à l’épreuve : notre confiance en soi, l’image de soi, ses valeurs personnelles (telles la fierté, l’effort, …), ses capacités dans leur globalité ! Le résultat :  soit cela gonfle l’estime de soi, soit elle en prend un sacré coup et fléchit graduellement vers le fond…

Se prouver ou prouver à quelqu’un qu’on est capable d’y arriver est à double tranchant bien que personnellement je n’y vois aucune issue positive ! D’une part parce que de chercher à se prouver quelque chose, c’est se mettre à l’épreuve, ce qui traduit incontestablement un doute sur sa propre personne. Rien de glorifiant pour la confiance en soi et l’image qu’on a de soi. D’autre part, prouver quelque chose à quelqu’un c’est accepter que l’autre puisse poser un doute sur soi et à mon sens personne n’a le droit d’émettre un doute sur autrui. C’est tout bonnement hyper négatif. Je lui prouve, qu’est-ce que j’y gagne ? Que la personne recommence pour autre chose ? Non merci ! Je ne lui prouve pas, qu’est-ce que je perds ? De l’estime de Soi. Non merci non plus !

Il n’y a qu’un bémol, c’est dans le domaine du travail, où pour faire sa place, on se doit de prouver qu’on a les connaissances et les acquis correspondants au poste. Mais si vous notez bien ce qui est écrit : je parle de connaissances et d’acquis, non de capacités ; et je parle de faire sa place, non de se mettre à l’épreuve !!

L’avantage ? Quand on relève un défi, qu’on le remporte, on se sent fier, on se sent confiant, on s’aime, on se trouve génial, la joie est présente, on se sent bien, etc…

L’inconvénient ? Si on échoue, on ressent de la honte, on accumule les pensées négatives, on se sent « nul », « mauvais », « incapable », etc… ce qui nous renvoie à la frustration dans toute sa splendeur ! Colère + tristesse + dégoût… youpi tralala… (très TRES ironique 😉)

Alors si l’envie de relever des défis est synonyme de moteur chez vous, que ça fait partie de vous et de votre personnalité, peut-être que de segmenter le défi en plus petits défis (soit le gros objectif en plusieurs petits objectifs) représente une solution adaptée, diminuant largement le risque de frustration ! Il s’agit d’éviter la naissance d’émotions et pensées négatives, en accumulant les petits succès qui vont booster l’estime de soi et donner envie de continuer d’avancer.

 

 S’écouter reste pour moi  essentiel pour éviter la frustration. Ne pas être trop exigeant avec soi-même est primordial à un état de sérénité, une attitude zen et une harmonie entre soi-même et son environnement global. Chaque personne est différente ; en conséquent les objectifs, les chemins, les obstacles seront également différents en fonction de chacune et chacun !
 

Et toi ? Quel sorte de frustration ressens-tu ? Arrives-tu à la surmonter ?

 

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