Renforcer son immunité : ce que l’on peut faire, et ce qui n’existe pas

« Renforcer son système immunitaire » est l’une des promesses les plus répandues du bien-être, et l’une des plus mal posées. Le système immunitaire n’est pas un muscle : il n’a pas de niveau que l’on ferait monter, et une personne en bonne santé n’a pas d’immunité « faible » à corriger.

Ce que l’on peut faire, en revanche, c’est éviter de le mettre en difficulté. Le sommeil, l’alimentation, l’activité physique et le stress chronique influencent tous le fonctionnement de l’organisme, et c’est là que se joue l’essentiel. Rien de spectaculaire, et c’est précisément le sujet de cet article.

Ce que « renforcer son immunité » veut dire, et ne veut pas dire

La première chose à poser est ce que l’on ne peut pas attendre. Aucun aliment, aucune plante et aucun complément ne rend une personne en bonne santé plus résistante aux infections. Les produits vendus sur cette promesse s’appuient sur des mécanismes observés en laboratoire, sur des cellules ou sur l’animal, dont rien ne dit qu’ils se traduisent par moins de rhumes en hiver.

Pourquoi la promesse est mal posée

Un système immunitaire fonctionne ou ne fonctionne pas correctement ; il n’a pas d’intensité réglable. Les véritables déficits immunitaires sont des situations médicales identifiées, qui se diagnostiquent et se suivent. Ils ne se corrigent pas par l’alimentation, et une personne concernée le sait déjà.

Il faut ajouter que l’immunité n’est pas non plus une grandeur dont « plus » vaudrait « mieux ». Une réponse immunitaire excessive ou mal dirigée est précisément ce qui produit les allergies et les maladies auto-immunes. Un produit qui promettrait sérieusement de « stimuler les défenses » promettrait donc quelque chose que personne ne souhaite. C’est un détail rarement mentionné sur les emballages, et il suffit à écarter l’essentiel des arguments de vente du rayon.

Ce qui reste vrai malgré tout

Une privation de sommeil prolongée, une alimentation très déséquilibrée ou un stress chronique dégradent le fonctionnement général de l’organisme, immunité comprise. La marge d’action est donc réelle, mais elle consiste à ne pas s’abîmer plutôt qu’à se renforcer. C’est moins vendeur et beaucoup plus solide.

L’alimentation : couvrir les besoins, pas les dépasser

Une alimentation variée fournit ce dont l’organisme a besoin sans qu’il soit nécessaire d’y penser. Les fruits et légumes frais, les céréales complètes et les légumineuses apportent vitamines, minéraux et fibres ; les agrumes et les baies de la vitamine C ; les noix, les graines et les huiles végétales de la vitamine E.

Alimentation équilibrée et immunité

Les protéines comptent également : viandes maigres, poisson, œufs, produits laitiers et légumineuses apportent les acides aminés dont le corps a besoin pour renouveler ses tissus, y compris ses cellules immunitaires.

Le point où l’on se trompe le plus souvent

Au-delà de la couverture des besoins, augmenter les apports n’apporte rien. C’est vrai de la vitamine C comme du zinc : en dehors d’une carence, un supplément ne change pas le fonctionnement de l’organisme. Une carence, elle, se dépiste par une prise de sang et se corrige sur prescription. Nous détaillons ailleurs le rôle réel des vitamines, nutriment par nutriment.

À l’inverse, les excès ne sont pas neutres. Les vitamines liposolubles s’accumulent dans l’organisme, et plusieurs micronutriments interagissent avec des traitements courants. C’est la raison pour laquelle une supplémentation se décide avec un professionnel plutôt qu’en rayon.

Le sommeil, l’activité physique et le stress

Ces trois leviers sont les plus documentés, et ce sont aussi les plus négligés parce qu’ils demandent du temps plutôt que de l’argent.

Le sommeil

C’est probablement le facteur le plus important de cette liste. Une série de nuits trop courtes se ressent sur l’ensemble du fonctionnement de l’organisme. Les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre ; le bon repère est de se réveiller reposé et de bien fonctionner dans la journée, pas d’atteindre un chiffre.

Sommeil de qualité

Une routine régulière, une chambre fraîche et sombre, et pas d’écran juste avant le coucher couvrent l’essentiel. Des difficultés de sommeil installées relèvent en revanche d’un avis médical.

L’activité physique

Bouger régulièrement entretient la forme, aide à mieux dormir et fait retomber la tension. Le type d’activité importe moins que la régularité et le plaisir que vous y trouvez.

Activité physique

Ce que l’activité change En pratique
Une sensation d’énergie plus stable Bougez à un rythme qui vous convient
Une tension nerveuse qui retombe Intégrez-la aux trajets plutôt qu’au planning
Un endormissement plus facile Marchez ou pédalez pour aller au travail
Une habitude qui tient Choisissez une activité que vous aimez, pas la plus efficace

Le stress prolongé

Un stress installé dans la durée pèse sur l’organisme, et c’est à ce titre qu’il figure ici. Méditation, respiration lente, relaxation musculaire ou yoga aident à faire retomber la tension au quotidien. Ces approches viennent en complément d’un suivi adapté, jamais à sa place.

Une précision utile, parce qu’elle évite une culpabilité inutile : le stress ponctuel, celui d’une échéance ou d’un imprévu, n’est pas en cause. C’est la tension qui ne redescend jamais, sur des mois, qui finit par peser. Et lorsqu’elle vient d’une charge de travail intenable ou d’une situation qui ne dépend pas de vous, aucune technique de relaxation ne remplacera un changement de la situation elle-même.

Plantes et compléments : ce qu’il faut en penser

Certaines plantes et certains nutriments reviennent souvent dans ce contexte. Le dossier de l’Inserm sur nutrition et santé recommande toutefois d’éviter le recours aux compléments alimentaires, et de compter d’abord sur l’alimentation.

Les nutriments les plus cités

Nutriment Rôle réel et sources
La vitamine C Contribue à la croissance et au maintien des tissus. Apportée par une alimentation variée, notamment les fruits et légumes frais.
La vitamine D Contribue au maintien d’os solides. L’exposition à la lumière du jour en est la principale source.
Le zinc Participe à la croissance et à la réparation des tissus. Présent notamment dans les légumineuses et les fruits de mer.

Les plantes traditionnellement citées

herbes médicinales pour renforcer l'immunité

Plante Usage traditionnel
Ashwagandha Employée de longue date dans la médecine ayurvédique. Son usage se discute avec un médecin ou un pharmacien.
Échinacée Traditionnellement employée en infusion. Son usage se discute avec un médecin ou un pharmacien, en particulier si vous suivez un traitement.
Ginseng Racine employée de longue date en Asie, souvent associée à la vitalité. Son usage se discute avec un professionnel de santé.
Astragale Employée dans la médecine traditionnelle chinoise. Comme pour toute plante, l’avis d’un pharmacien est utile si vous suivez un traitement.

Ces plantes sont des produits actifs : certaines interagissent avec des traitements en cours. Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre un complément.

Ce qu’il faut retenir

La liste des choses utiles est courte et sans surprise : dormir assez, manger varié, bouger régulièrement, limiter l’alcool et le tabac, et se laver les mains en période d’épidémie. Aucune de ces habitudes ne « renforce » quoi que ce soit ; elles évitent simplement de mettre l’organisme en difficulté.

Les habitudes qui comptent réellement
• Dormir suffisamment, à horaires réguliers
• Manger varié, sans supplémentation inutile
• Bouger régulièrement, à un rythme tenable
• Limiter l’alcool et le tabac

Enfin, la protection contre une infection précise ne relève pas de l’hygiène de vie mais de la médecine. Si vous vous posez des questions sur votre santé, sur des infections à répétition ou sur l’opportunité d’un complément, c’est votre médecin qui peut y répondre utilement.

Laisser un commentaire